Salut les frappés de l’encre! A l’occasion de la publication chez Ring de ses deux premiers albums BREUM#1 (édition augmentée) et BREUM#2, dispo dès aujourd’hui 27 octobre2016, Inkage a voulu en savoir un peu plus sur le dessinateur star du net Marsault. Son humour décapant, son franc parler et quelques remous sur les réseaux sociaux en font un artiste controversé, parfois malgré lui, alors on prévient tout de suite, nous, on n’est pas un site qui débat sur l’humour ou sur la BD. Nous on parle tatouages, et il se trouve que le grand garçon créateur d’Eugène ne se contente pas de verser l’encre sur les planches, il en insère aussi un peu (beaucoup) dans son épiderme. On a voulu en savoir plus, et il a eu la gentillesse de nous répondre. Fidèle à lui même, cash direct et convivial, on plonge dans la peau de Marsault. Anecdotes saignantes et scoop de carrière au programme…

Salut Marsault, pour commencer, pour ceux qui ne te connaîtraient pas, pourrais-tu décliner ton identité? Les infos importantes quoi…

NOM :Marsault

AGE :28

TAILLE : 1m92

PROFESSION : Dessinateur

BOISSON PRÉFÉRÉE : Café et Kro

Merci, maintenant qu’on a de quoi trinquer, la première question qui s’impose à tous les tatoués : à quel âge as-tu fait ton premier tatouage, et peux-tu nous le décrire? 

J’avais 20 ans. J’ai rencontré une fille qui m’a proposé de me tatouer le soir même, ce que j’ai accepté. Elle m’a tatoué une tête de mort sur l’avant-bras, avec des roses, dans un style biker.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de te faire encrer la première fois ?

Rien, j’étais juste bourré et la fille était sympa.

Tu as plutôt beaucoup de petites pièces, à part la superbe panthère noire de ton dos. Mais tu as encore de la place. Tu penses passer à de plus grandes pièces ? Et si oui, as-tu déjà des idées précises et des emplacements réservés ?

J’aime bien les petites pièces (je préfère regretter un petit tatouage plutôt qu’un gros). J’ai actuellement un portait de Lemmy en cours d’encrage sur le bide, j’ai une grosse tête de mort sur la jambe gauche. J’ai prévu d’autres grosses pièces, mais je ne sais pas encore où. Et je ne sais pas quoi, d’ailleurs.

Parmi tes influences majeures, on entend souvent parler de Gotlib. J’ai lu par ailleurs que tu lui destinais un projet sous ta peau. Est-ce que c’est fait depuis ? D’autres grosses références de la BD à qui tu voudrais rendre hommage?

Non ça n’est pas encore fait pour Gotlib, mais je rendrai hommage, un jour, à Uderzo.

Dis nous la vérité : quel genre de tatoué es-tu une fois sous le dermo? Agité? Bavard? Concentré? Endormi? Autre? 

Ah, ça dépend. En général je suis plutôt détendu. Bavard ou silencieux, ça dépend de si ça fait mal. 

Tu n’as jamais écrasé le nez d’un tatoueur qui avait la main un peu lourde rassure-nous! Plus sérieusement, une anecdote croustillante? On a tous eu au moins un moment particulier lors d’un tatouage…

Non, au pire je demande la permission d’insulter si ça fait trop mal. Un bon souvenir de tatouage, c’est mon « crève » sur l’avant-bras gauche. On était trois potes, bourrés à l’eau-de-vie du grand père. On voulait tester les méthodes de tatouage à l’ancienne Alors j’ai écrit « crève » au marqueur sur ma peau, et on a commencé à ouvrir avec un cutter qu’on avait désinfecté à la gnôle. Ensuite, on versait de l’encre de chine dans la plaie béante et on laissait sécher, voilà. C’était une horreur, ce soir-là, y’avait du sang partout, on y voyait pas à deux mètres à cause de la fumée de clope, y’avait les Stooges à fond dans l’atelier, mon avant-bras en charpie et mes potes morts de rire. Deux ans plus tard, on a renouvelé l’expérience un peu plus haut sur le même avant-bras, mais on y est allé un peu fort et depuis j’ai une cicatrice dégueulasse, et on comprend même plus ce qui était marqué.

Ton corps arbore un bon paquet de lettrages au verbe fleuri, mais aussi pas mal de dessins, des flash et des déclarations d’amour. Les mots et les images ont-ils une valeur différente à tes yeux?

Difficile de répondre à cette question. Ils ont tous une histoire différente, la plupart du temps c’est des conneries, et d’une manière générale je m’en fous un peu.

Je ne crois pas avoir vu de couleur parmi tes tatouages? Une simple affinité au noir ou des raisons précises?

Si, j’ai un peu de rouge (pour faire semblant d’être communiste). Simple affinité, je n’aime pas les tatouages en couleur, je préfère le « bleu » du noir qui vieillit.

Quelle est la prochaine partie du corps que tu vas tatouer?

Je pense les côtes, mais je ne sais pas quel motif.

Et la partie du corps que tu ne voudrais pas tatouer?

Le visage.

Pourquoi?

Les tatoués du visage me font penser à des mecs qui se sont fait dessiner sur la gueule par leurs potes bourrés pendant qu’ils dormaient.

Un dessinateur de BD qui écrit et dessine sur son propre corps, ça peut sembler logique… Mais vois-tu une différence majeure entre ces deux pratiques artistiques?

Oui, ça n’a rien à voir. La BD est une discipline de solitaire, le tatouage se fait à (au moins) deux.

Enfin, si tu étais un dermographe, tu serais plutôt bobine (complexe et à manipuler avec expertise) ou rotative (prise en main franche et rapide, droit à l’efficacité)?

Je pense une rotative. D’ailleurs, mais ça reste entre nous, il n’est pas exclu que je me lance dans le tatouage un jour. Lointain, mais un jour quand même.

Merci beaucoup de ton temps et de tes réponses, un dernier mot pour la route? Des remerciements? Un coup de pied dans la gueule? Fais toi plaisir, c’est ton instant liberté.

Merci à toi, et j’adresse simplement un salut fraternel à mes lecteurs et lectrices!

Vous pouvez retrouver Marsault et son humour décapant en librairie dès aujourd’hui, ou sur son site internet Marsault.net ou sur le site de son éditeur Ring ainsi que dans leur bande annonce :

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