Salut ! Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut et merci pour cette interview !

Je suis Sybarite (Quentin pour les intimes) et je fais du tatouage handpoke au studio Obscurum Ink à Rouen, ainsi que dans divers shops en France et en Belgique.

« Mou », « efféminé », « corrompu », « vivant dans la luxure »…telle est la définition d’un Sybarite, pourquoi ce pseudo ?

Tout le monde me demande pourquoi ! Quand j’étais petit ma maman me disait tout le temps : « Fils, tu es un sybarite » Un jour je me suis donc demandé ce que ça voulait dire. Pour résumer, il s’agit d’une peuplade grecque vivant pour les plaisirs de la vie. Le coté mou, efféminé et corrompu en moins pour moi !

Quand j’ai commencé le tattoo j’ai recherché un pseudo et j’ai tout de suite pensé à Sybarite en rajoutant le handpoke pour bien faire comprendre aux gens le style dans lequel j’évolue.

Tu tatoues effectivement en handpoke, peux-tu m’en dire plus sur ta technique ? Comment y as-tu été formé ?

Le tatouage handpoke, c’est le fait de tatouer à la main, sans machine.

C’est mon ami et collègue Mikki Bold (ndlr : retrouve notre interview de Mikki (2013)) qui m’a ouvert les portes de son studio et m’a appris les bases. Je lui en suis très reconnaissant.

Du coup, pourquoi avoir choisi cette technique pour encrer tes clients ?

C’est en me faisant tatouer de façons traditionnelles lors de mes voyages que j’ai décidé de tatouer à la main. J’ai eu la chance de me faire encrer au Japon au tebori (ndlr : voir notre dossier sur le tatouage traditionnel japonais), en Thaïlande au bambou, ou encore en Nouvelle-Zélande (Cette expérience étant l’un des moments les plus forts que j’ai vécu)

En revenant de ces voyages, c’était une évidence pour moi de tatouer sans machine. Il me reste encore de nombreux pays et techniques à découvrir !!!!

J’ai eu l’occasion de voir que tu touchais un peu à tout en termes de styles de tattoo, mais ce que tu aimes faire, c’est quoi ?

Je ne touche pas à tout loin de la ! Je laisse le tattoo Oldschool, Réaliste ou Japonais à ceux qui maîtrisent ces styles. Ce que j’aime c’est réaliser des tatouages ethniques, avec une histoire, une symbolique forte. Je mets un point d’honneur à me renseigner sur les symboles que j’utilise et que je propose à mes clients. Il m’arrive régulièrement de contacter des tatoueurs qui officient dans un style tribal particulier pour leur demander si je peux utiliser et retravailler les motifs de leur culture. C’est une question de respect.

Je fais aussi de nombreuses pièces qui n’ont rien à voir avec les tatouages tribaux ou nordiques. Selon la demande du client, je vais le retravailler afin de le tatouer au handpoke.

Tu t’intéresses beaucoup à l’art tribal, est-ce que cela influence ton travail ?

Dès le début je me suis intéressé au tatouage traditionnel. Je collectionne les ouvrages sur cet art (et tout ce qui gravite autour) en général, qui me permettent de faire mes recherches sur la signification et son histoire à travers des tribus comme les kalingas en Indonésie ou les dayaks à Bornéo. Leurs motifs sont en rapport avec la nature, leur histoire, c’est fascinant à découvrir.

Après je m’intéresse aussi aux symboles alchimiques et ésotériques.

Quelles sont tes influences ?

Il y a de nombreux artistes dont le travail me parle énormément ou m’impressionne comme Holly Snook en Angleterre ou encore Nakamura Toshikazu qui fait des bodysuits japonais au handpoke. Mais celui qui m’influence le plus est Colin Dale, un tatoueur de Copenhague. Il apporte énormément à la culture traditionnelle du tatouage avec ses recherches, ses publications et ses motifs nordiques. C’est un grand Monsieur.

A première vue, on pourrait penser que c’est plus douloureux qu’un tattoo réalisé à la machine, qu’en est-il réellement ?

Ça dépend des clients et de la façon de piquer. Comme dans le tattoo à la machine, il y a différentes manières et techniques. Au handpoke, selon ce que tu souhaites réaliser, tu peux crocheter ou bien enfoncer l’aiguille avec un angle et une force que tu considères comme étant les mieux appropriées.

La plupart de mes clients (la majorité) me disent que c’est moins douloureux qu’à la machine.

Je trouve que l’échange avec ton client est un peu plus mystique, un peu plus intime, j’ai faux ?

C’est tout à fait exact ! Le fait qu’il n’y ait pas de bruit, seulement le client, l’aiguille et moi, créé une connexion. J’aime travailler avec de la musique et je demande souvent à mes clients ce qu’ils veulent écouter.

Sans machines entre eux et moi, je trouve que l’acte de tatouage est plus fort. Et puis une petite part de moi va rester à vie sur des gens, autant le faire dans des conditions idéales.

La pièce la plus folle que tu aies réalisée, c’était quoi ?

J’ai eu plusieurs projets vraiment fun mais si je devais en garder un ce serait celui d’Hugo, un de mes premiers clients. Il m’a demandé de lui tatouer une gravure de la décapitation de saint Paul de Tarse sur la cuisse mais en remplaçant la tête du bourreau par celle d’un cricket et celle de saint Paul par un myctophydae (poisson des profondeurs). Mémorable !

Merci de ton temps et bonne continuation à toi! On peut te suivre sur ton Facebook, instagram, et bien sûr, sur le site du studio Obscurum Ink

A propos de l'auteur

Hell On Heels

Passionnée de tattoo depuis l'enfance, tatouée dès les premières heures de sa majorité. Touche à tout : photo, dessin, écriture, musique... Vous pouvez aussi retrouver son amour du tattoo, de la bodmod, et du rock'n roll sur son blog personnel Hell On Heels

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