Rencontre avec Leeloo tatoueuse

leeloo-tatoueuse

Nous vous présentons aujourd’hui Leeloo, une fille extra douée qui, malgré son jeune âge, a déjà pas mal d’expérience. Elle exerce la profession d’artiste tatoueur depuis 6 ans dont 5 ans passés à tatouer au Japon dans son propre shop où elle était également modèle. Aujourd’hui, elle est de retour en France et répond à nos questions pour notre plus grand plaisir !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Leeloo, 26ans, tatoueuse, peintre, modèle de profession.

Tu as vécu cinq ans au Japon, pourquoi es-tu partie vivre là-bas ?

Au début, parce que j’aimais les mangas, jeux vidéos, musique de là-bas, j’ai économisé pour aller là-bas faire un stage pour mon école.
Le périple m’a plu, j’ai prolongé l’expérience en trouvant des petits boulots pour continuer. Puis, on m’a proposé de poser pour des photos et tourner pour des séries/dramas idiots.
Ensuite, on m’a proposé des postes en tant que tatoueuse, puis j’ai ouvert mon propre shop. Au final, le voyage a duré 5ans (jusqu’à ce que je rentre a cause des tremblements de terre de 2011).

Leeloo
Leeloo

As- tu appris à tatouer au Japon ou en France ? Qui t’a formée ?

J’ai d’abord appris seule en France à 18-19ans. Mon premier cobbaye humain a été ma propre maman haha !
Elle était contre les tatouages, mais en voyant mes essais sur d’autres matériaux, ça l’a tentée!
J’ai gratouillé sur des amis pendant 3 ans, puis j’ai appris au Japon avec Hiderow, Shimada, Kazu Shibuya, et Horizaru (aka En). De nobles maîtres tatoueurs qui m’ont beaucoup aidée a avancer.

Ouvrir un shop au Japon n’a-t-il pas été trop compliqué sachant que là-bas, le tatouage a mauvaise réputation ?

Avec l’aide des bonnes personnes, ça allait. La perception du tatouage au Japon est étrange.
Avec l’américanisation du pays, les gens sont de plus en plus attirés par les tatouages et se laissent tenter, mais souvent renoncent de peur de se faire renier par leur famille, de ne plus pouvoir trouver de travail, de ne plus pouvoir aller a la piscine/onsen/salle de sport, trouver un appartement, tout ce genre de choses qui deviennent très difficiles quand on est tatoué.
D’un autre coté, le tatouage est un acte qui permet de s’identifier, de sortir de la masse, fait rare au Japon. Les clients qui viennent une fois y prennent gout et reviennent de plus en plus ! C’est une façon pour eux de se créer/affirmer une personnalité.

En dehors des yakuza (rires), de quels types d’individus était composée ta clientèle ?

En temps que femme, beaucoup d’autres femmes (qui n’osent pas toujours se dévoiler à des hommes), des personnes assez jeunes mais de tous types de classes sociales, aussi bien punky que salaryman. Beaucoup de gens attirés par les cultures étrangères.

Tu nous as confié avoir été modèle au Japon, notamment pour des pubs, des show TV mais aussi, et là je te cite, des « conneries japonaises ». Comment en es-tu arrivée à faire cela ? Quel est la chose la plus étrange que tu as fait ?

Oui c’était ma profession à plein temps. Le tatouage était plutôt un hobby au début.
J’ai commencé avec de la figuration pour rire avec d’autres étrangers. Puis, comme je parlais bien japonais, ça facilitait les auditions et je suis vite montée en « grade » jusqu’à apparaître sur les écrans géants de Shibuya, les écrans dans les métros, la TV au moins une fois par mois, …
J’avais une spécialité pour les rôles idiots que les autres modèles ne voulaient pas jouer de peur de se ridiculiser ! Hahaha
C’était une expérience géniale!
Hélas, ici en France, je ne correspond plus aux critères demandés.

La chose la plus étrange?… Arriver à un studio radio, dire « Bonjour » au micro (pour être utilisé dans un documentaire en fond) et … fini… 100€ en 5 minutes…
J’ai aussi travaillé 27h d’affilées pour un clip avec 3h de sieste au milieu…

Tatouage réalisé par Leeloo
Tatouage réalisé par Leeloo


Aujourd’hui, tu es de retour en France, qu’est-ce qui a motivé ce retour ?

Après les tremblements de terre, le sol tremblait tous les 5-10 minutes sans cesse toute la journée et entre les secousses, ça bougeait comme sur un paquebot… J’étais malade 24h/24, on ne pouvait pas dormir (trop dangereux), il n’y avait plus rien à boire/manger dans les magasins, on n’avait pas le droit d’utiliser l’électricité, la raffinerie ayant explosé, on ne pouvait plus prendre de taxi sans payer des fortune… Et malgré ça, mon manager m’appelait pour aller sur le tournage du lendemain… Et l’ambassade avait fermé sans nous donner d’information.
C’était trop bizarre. j’ai préféré aller me mettre en sécurité avant de voir comment évoluerait la situation.
Malheureusement… A payer mes loyers de loin sans avoir d’information, avec les chocs de cultures éclatant sur le moment… Je suis restée ici.
Je n’aime pas trop la France mais j’aimerai essayer de redécouvrir ses bons côtés.
De plus, en allant au Japon, je fuyais un peu la France. Or, il faut apprendre à être bien chez soi et être bien partout.

Pas trop compliqué de devoir repartir de zéro ?

Au début, je me suis dis « NO SOUCY, je l’ai fait une fois, pourquoi pas deux! »
Et… Ca a été plus difficile que ça hahaha !
Cela prend du temps. Mais TOUT est possible quand on le veut (c’est ce que j’ai appris au Japon).

Peux-tu nous décrire tes tatouages et nous dire par qui ils ont été réalisés ?

Les miens?
– Une chauve souris derrière l’oreille par Hiderow (RIP) – Les chauves souris entendent ce que les autres n’entendent pas et se dirigent dans le noir comme en plein jour.
– Sur le flanc droit, une encre marine et un nuage par Chunky maymay (http://chunkymaymay.com/) – Je voyage et m’ancre dans les rêves.
– Sur le pied, 3 étoiles par moi même avec une aiguille sans machine
– Un griffon sur le ventre par moi même – les griffons tirent les chars des Dieux dans les tempêtes les plus fortes.
– Un bouquet sur la cuisse par moi même – Rose = élégance, Chêne = noble/humble/force, Gui = soins/guérisseurs/druides, Chardon = pureté protégée par les piques, Trèfle = triade/chance/Irlande, guède = fleurs qui servaient à tatouer chez les Celtes, Fushia = ardeur, Lucifer Lili = Lucifer (mon nom est Lucile), ange de la lumière/science/savoir
– Un ruban qui relie les 2 derniers fait par En
– Un coeur dans la bouche et 2 carrés sur la main… qui ne veulent rien dire (et j’aime ça)
– 2 trucs moches sur la jambe fait à l’aiguille au début pour essayer haha.

Comment définirais-tu ton style de tatouage ?

Poétique, sombre mais pas triste, trash quand on me le demande, réalistique, dessiné/peint. J’aime surtout les thèmes de la nature (fleurs, oiseaux,…)

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Tatouage réalisé par Leeloo

Quelle est la demande la plus étrange qu’un client a pu te faire ?

Un bracelet, au niveau du coude, de champignons divers et asperges colorés très fluo.

Tes projets pour l’avenir ?

Voyager, apprécier la vie, m’épanouir, découvrir, créer.

Un message pour nos lecteurs ?

Agissez intelligemment pour créer, partir à l’aventure aussi souvent que possible et continuez à rêver. La vie sert à ça!

Quelques tatouages réalisés par Leeloo

Vous pouvez suivre Leeloo sur facebook et voir son travaille sur son site www.deadmunchst.com.
Elle travail actuellement chez B-side tattoo à Nantes, le lundi et samedi sur rendez-vous.

Encore merci à Leeloo pour nous voir accordé cette interview.

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