Interview Woody Hills tatoueur chez Sorry Mama

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Je reprend les commandes d’Inkage pour une interview qui me tenait à coeur puisqu’il s’agit de celle de mon collègue tatoueur Lillois Woody, tatoueur chez Sorry Mama. Ce grand gars sympathique au style qui lui est bien propre a accepté de se prêter au jeu et c’est dans une ambiance très décontractée qu’il a répondu à mes questions.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Salut, Woody, j’ai 24 ans. Je suis tatoueur dans ma boutique Sorry Mama à Lille. Je suis entré dans le monde du tattoo il y a trois ou quatre ans et là ça fait deux ans et demi qu’on a ouvert la boutique et ça roule !

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Quel est ton style de prédilection ?

Je n’ai pas vraiment de style de prédilection, je ne viens pas du milieu de l’illustration donc je n’ai pas de style particulier ou d’influences qui m’auraient fait me lancer dans du réalisme, du old school ou d’autres styles. En fait, j’aime beaucoup les travaux en noir, ce qui m’attire en ce moment c’est tout ce qui est néo tribal, simple et efficace. Après, j’ai commencé le tattoo avec du old school mais je ne me suis pas arrêté là-dessus, j’aimerai bien tester d’autres styles, tant que le projet me botte, c’est parti.

Comment t’es-tu décidé à devenir tatoueur? Quel a été ton parcours ?

C’est plutôt l’esprit technique et traditionnel qui m’a plu, le fait de marquer quelqu’un à vie et d’échanger avec mon client pendant ces moments-là. Ce qui m’intriguait à la base, c’était plus comment mettre un pigment sous la peau et qui ne bouge pas, comment tout ça fonctionne… Grâce à Bruno avec qui ça a collé tout de suite, j’ai pu répondre à ces questions. Concernant mon parcours, j’ai débuté dans une autre boutique de Lille, Bruno était tatoueur résident là-bas à l’époque, moi je cherchais un apprentissage. C’est lui qui m’a formé mais l’éthique de la boutique en elle-même ne collait pas trop avec ma vision du tattoo. On en a discuté avec Bruno et on a décidé d’ouvrir notre propre boutique qui colle beaucoup plus avec nos envies.

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Tu as eu la chance de tatouer Ninja, chanteur du groupe Die Antwoord, récemment. Comment cette rencontre s’est-elle faite et comment s’est déroulée la séance ?

Cette rencontre s’est faite par chance en fait, la séance s’est super bien passée, c’est un mec vraiment cool. Après je ne pourrai pas en dire plus, le reste c’est notre vie privée 😉

T’es-t-il arrivé de tatouer d’autres célébrités ?

Oui, il s’agit de Renaud, le chanteur de Lofofora (groupe de métal français). On en a beaucoup rigolé avec Bruno car au début je ne le savais pas… Il s’agissait d’un coeur à l’intérieur du bras, un motif qui lui était personnel. En fait, il aimait mon taf, moi je ne le connaissais pas du tout. On a pris rendez-vous et le jour du tattoo, pendant la pause, un gars me dit « putain tu tatoues le mec de Lofofora », c’est comme ça que j’ai su ! C’était un bon échange, par contre, je n’ai pas envie d’être catalogué comme un tatoueur de célébrités !

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Quelle est la partie de ton travail que tu préfères ?

Ce que je préfère, c’est l’échange que j’ai avec le client, que ce soit avant, pendant ou après… Avant, j’étais prothésiste dentaire. Ce qui me plaisait c’était de faire une dent, de ne rien avoir à la base et de voir mon produit fini. Là c’est un peu la même chose, le mec arrive sans rien, puis voilà c’est gratifiant. C’est aussi pour ça que j’aimais ce boulot, ce n’était jamais la même chose, il y avait de la création, par contre je n’avais aucun contact avec le client, ce qui me manquait beaucoup.

Dans l’idéal, qu’aimerai-tu tatouer, y a-t-il des pièces que tu n’as jamais encrées et qui te plairaient ?

J’aimerai m’orienter vers un style qui me plait vraiment, le hand poke (l’art de piquer avec une aiguille sans machine). C’est un « tatouage à l’ancienne », il n’y a que l’aiguille et l’encre, des valeurs que j’ai beaucoup aimées quand j’ai commencé le tattoo et je me rend compte que ça me correspond bien ; je suis moins stressé, les clients ont moins mal. C’est une technique que je voudrai utiliser de plus en plus, si mon client le sent ! Et même si c’est une pièce un peu grande, tant pis on prendra plus de temps ! Si je pouvais ne faire que ça, ça serait cool.Tu peux faire de tout en plus : du point, de la ligne, de l’aplat de noir… ça donne un rendu plus ethnique dans lequel je me retrouve.

Tu te déplaces pas mal en France, qu’est-ce que cela t’apporte et quels sont tes prochains déplacements ?

Ça m’apporte de très bons contacts et j’essaie d’aller dans les boutiques dans lesquelles j’ai le plus de feeling. En fait, je n’ai jamais fait de demande de guest, les gens qui m’invitent la plupart du temps sont souvent des amis ou des personnes avec qui je m’entend bien comme chez Art Corpus ou chez Chair & tendre. J’espère continuer dans des boutiques où il y a un bon échange. Après, je ne mets pas la charrue avant les bœufs, j’attend de finir ce que j’ai à finir pour ensuite bouger là où j’en ai envie. Pour 2015, certaines dates sont déjà annoncées, pour le reste, surprise 🙂

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Quelle est la demande la plus étrange qu’un client t’ai faite ?

Un dragon/tribal peut-être, sur le sexe d’un mec de 54 ans… ça aurait été fun si c’était un pote à moi de la vingtaine d’années mais là, un mec de 50 ans et quelques, sans tattoo, qui nous demande ça… On était pas trop à l’aise donc j’ai dit non. On nous avait demandé aussi un polynésien sur la figure, la moitié du visage. Mais pareil, le mec n’était pas spécialement tatoué donc je lui ai dit de repasser le temps d’en discuter avec Bruno, le gars n’est pas revenu !

Refuses-tu les demandes trop insolites ou les transformes-tu à ta sauce ?

J’ai déjà répondu brièvement juste avant mais là j’avoue qu’en ce moment je ne dessine plus trop de flashs, ce qui n’est pas plus mal car les meilleures inspirations viennent souvent des clients. Par exemple, une cliente m’avait demandé une libellule en origami en points et c’est une demande que je n’aurai jamais pensé dessiner. On a trouvé un bon compromis et le tattoo était cool. J’essaie de respecter au mieux les demandes, tout en indiquant ce qu’il serait bien de changer pour que le tattoo vieillisse bien, c’est important pour moi.

Vers quoi souhaiterai-tu te tourner à l’avenir ?

A l’avenir, j’aimerai bosser sur plus de grosses pièces , continuer à voyager tant que j’en ai encore l’occasion avant d’avoir une vie posée avec une femme, des enfants et tout. Si je peux faire plus de mes projets perso en hand poke ça serait bien, déjà quelques clients m’ont fait confiance et en redemandent ! J’ai 24 ans et j’ai envie de faire tout ce que j’ai à faire mais réellement, je n’ai pas trop de projets fixes pour l’avenir, « j’vais là où la vie m’mène, là où mes pieds m’trainent » FF.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

J’aimerai remercier pas mal de monde en fait, j’espère ne pas trop en oublier : tous les potes d’Art Corpus, mon pote Dany Lonner, Franck FKJ qui m’a appris beaucoup de choses, Bruno bien sûr qui m’a mis la première machine en main et qui m’a beaucoup appris sur la technique et la mécanique du tattoo, Dodie que j’ai rencontré récemment qui est une super tatoueuse, qui sait faire de tout, comme David Morison de chez Art Corpus qui est pour moi le meilleur tatoueur polyvalent que j’ai rencontré ! Il y a aussi Fouce de chez Chair & Tendre que j’ai rencontré grâce à ma bro’ L’Andro Gynette, ainsi que mon pote « Tibo le russe » ! Après, bien sûr, je remercie mes clients pour leur confiance et ceux qui suivent mon taf, ma famille, mon chien qui me sort au moins trois fois par jour & ma femme…

Merci à Woody pour nous avoir accordé de son temps, vous pouvez le suivre sur les réseaux sociaux sur Facebook, Instagram et Tumblr

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  • bonjour, j’aurais une question; est-ce que les tatouages à l’intérieur des mains (comme sur la dernière photo) tiennent bien avec le temps ?
    merci.

    • Je vais me permettre de répondre en premier, et si d’autres veulent confirmer/infirmer/compléter ma réponse, ils sont les bienvenus…

      Oui comme tu dois t’en douter, le tatouage dans la paume de la main vieillit « moins bien », ou plutôt plus vite que sur d’autres parties du corps. Et ce pour des raisons assez évidentes. La peau est beaucoup plus sollicitée, elle vieillit plus vite, se renouvelle plus vite aussi, occasionnant un flétrissement plus rapide du tattoo. Mais il ne faut tout de même pas s’attendre à une disparition totale du motif en 4 ans… Et il est toujours possible de lui remettre un coup de jeune de temps à autres 😉

      • Je trouve que c’est un endroit assez original où se faire tatouer, même si je ne tenterais jamais de peur qu’il bave avec le temps; en tout cas merci de m’avoir répondu 🙂

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