Rencontre avec Noir Mécanique

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Aujourd’hui, je vous présente un tatoueur particulier, Noir Mécanique (Paris 18e) qui manie extrêmement bien le dermo pour en retirer des tracés noirs, fins et parfaits. Un gars discret, sympa qui a su allier vie professionnelle et amour puisqu’il partage son shop avec sa femme qui a sa propre marque de bijoux.

Peux-tu te présenter rapidement ?

Je suis Noir Mécanique, je tatoue en solo dans le 18ème, pas loin de Montmartre.
J’ai deux savoir-faire, le dessin et l’informatique. Le tatouage n’est qu’une extension du premier, mais c’est avant tout du dessin. Je ne tatoue qu’en noir.

Comment es-tu devenu tatoueur ?

C’est le dessin qui m’a amené au tatouage. Un jour, ça s’est imposé comme une évidence, et à partir de là, j’ai tout fait pour y parvenir. J’ai fait mes armes chez Migoii où j’ai appris à tatouer fin, détaillé, avec un gros boulot de préparation des motifs, et où j’ai découvert un shop qui bosse sans concessions, quitte à refuser certains projets pour assumer tous ses tatouages. J’ai quitté l’équipe mais j’ai gardé cette ligne de conduite pour ouvrir une boutique en couple avec mon épouse créatrice de bijoux.

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Nous avons cru comprendre que tu travaillais seul. Pourquoi ce choix ?

Ce doit être une question de caractère, mais j’ai souvent travaillé comme ça. Quand plusieurs personnes bossent ensemble, même avec la meilleure ambiance possible, il y a toujours des conflits d’ego, ou même pire, une certaine hiérarchie. Tout devient plus simple quand on est seul. Mais je ne suis pas seul ! Je travaille avec ma femme, nos activités sont complémentaires et on forme une équipe, je n’en serais pas là sans elle.

Ton travail est réalisé en noir et gris. Qu’est-ce que tu préfères dans ce style ?

Ce que j’aime c’est faire le plus avec le moins: un pigment unique pour réaliser des motifs qui peuvent être très complexes. J’ai toujours dessiné au trait noir, sans couleur, avec une grande admiration pour Moebius et tous ceux qui ont été influencé par lui (Otomo, Katsuya Terada…). Le noir est une couleur neutre, il va à tout le monde et à toutes les peaux, et vieillit bien.

Ton tracé est vraiment très fin, quels types d’aiguilles utilises-tu ? (+ ou – inférieur à 5L, taille standard des aiguilles de traçage)

Pour le trace, je travaille en 3L.

Est-ce qu’un tracé fin résiste aussi bien qu’un tracé plus épais sur une peau ?

Quand il est bien piqué, un trait fin vieillira de la même façon qu’un trait épais: il risque de flouter avec les années. Mais je crois que le bon vieillissement d’un tatouage ne se joue pas qu’à la pique, mais aussi au moment de la conception du motif, du coup je passe beaucoup de temps à réaliser des dessins assez poussés avant chaque tatouage.

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T’arrive-t-il d’aller en convention ou de voyager à l’étranger pour piquer ailleurs ?

Je suis de nature plutôt discrète, je n’aime pas trop m’afficher en convention. Et depuis que j’ai ouvert la boutique au 101 rue Lamarck, je tatoue beaucoup, donc je n’ai pas le temps de vadrouiller. Disons que j’ai une vie très sédentaire, et très remplie ! Mais je me tiens au courant de la scène tatouage, et je découvre tous les jours de nouveaux artistes qui promettent de belles heures au tatouage.

Quelle est, selon toi, la chose la plus difficile à réaliser en tatouage ?

Un bon portrait… C’est pour ça que je n’en fais jamais !

Ton style a-t-il évolué avec le temps ou est-ce réellement le style qui te suit depuis  toujours ?

J’ai la chance d’avoir été formé chez Migoii, dont le style est bien marqué et correspond à ce que j’aime : le noir et blanc, la finesse, les détails. Du coup, dès le début, j’ai pu m’éclater sur des dessins incroyables et éviter les diables en couche culotte et les portraits de Johnny (dans le pire des cas…). L’influence de Migoii se ressent sur mon travail, mais mon style est en perpétuelle évolution. Ce qui a toujours été présent dans mon dessin, c’est le noir et blanc.

Si tu devais donner un nom à ton style, quel serait-il ? (réaliste, abstrait, …)

Aucune idée. Noir et blanc, fin, détaillé, le dessin avant tout.

Grâce au noir, je peux travailler beaucoup de styles, de la gravure en passant par le old school revisité, du réaliste, ou au contraire des projets totalement oniriques. Je ne me mets aucune barrière sauf celle du motif cohérent et en symbiose avec le corps.

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T’arrives-t-il souvent de devoir refuser des demandes ? Dans quels cas ?

Plus le temps passe et plus je choisis d’avoir une ligne directrice: pas de couleur, et uniquement du dessin. Sinon j’essaie toujours de comprendre l’idée de la personne, et de trouver comment la représenter dans mon style. Je passe beaucoup de temps à discuter avec mes clients avant d’attaquer le dessin pour mettre le doigt sur la bonne idée qui rendra le tatouage intéressant, esthétique, et surtout en phase avec la personne qui va le porter.

Si tu avais un conseil à donner à nos lecteurs, lequel serait-il ?

De prendre leur temps. Pour se faire tatouer, rien ne presse. Je ne bosse jamais dans le speed, ça m’évite les erreurs.

Quelques tatouages réalisés par Noir mécanique

 

NOIR MECANIQUE
101 rue Lamarck 75018 Paris
Du mardi au samedi de 10h00 à 19h00
01 71 70 56 92 – [email protected]

Encore merci à Noir Mécanique pour cette interview, vous pouvez le suivre ici: facebook noir mécanique

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