Pratiquer le skin-stitched tattoo est l’expérience singulière vécue par Sylvain Bérard. Un cadeau de la tatoueuse inuite Aresh Kevak et de sa grand-mère qui l’ont accueilli dans leur communauté, au Nunavut, dans le nord du Canada. Le jeune homme de 26 ans y a fait une rencontre bouleversante avec le peuple arctique. Un trip mystique pour ce photographe qui mène une vie agitée entre Paris, Berlin et Bordeaux. Il nous ouvre son carnet de voyage.

Travaillant sur les sexualités de l’image, Sylvain Bérard parcourt le monde pour documenter son sujet. Il recueille dans ses carnets des tranches de vies passionnantes ou décalées. Avec son sujet de recherche, la pratique du tatouage s’est imposée à lui, piquant sa curiosité. Au fil des rencontres, des tatoueurs lui ont confié leur regard singulier sur ce milieu d’initiés. Le jeune homme s’intéresse alors à cet art dont il aime l’acte authentique et la démarche sincère.

Le bouche-à-oreille le mène jusqu’à la communauté d’Aresh, dans le nord du Canada, sur le territoire du Nunavut.  Tatoueuse, Aresh confie son histoire à Sylvain. Elle apprend le skin-stitched tattoo – le tatouage traditionnel inuit – avec sa grand-mère. Avant de devenir tatoueuse traditionnelle, elle désire surtout conserver un héritage culturel en voie de disparition.

Á son arrivée, Sylvain rencontre Ali, une adolescente orpheline. Ils vont cohabiter et nouer une relation très forte. Si forte, que la jeune fille va lui demander de lui tatouer, de façon traditionnelle, un motif réservé aux hommes.

Inuit Tattoo design

Germaine Arnaktauyok, Tattoo II, gravure couleur sur papier, vers 1946, Art by Women Collection, Gift of Linda Lee Alter

Le skin-stitched tattoo, un art ancestral presque disparu

Comme de nombreux enfants inuits, Aresh a poursuivi ses études au Canada. Cependant, le désir de se rapprocher de ses racines est plus fort. Son intérêt pour le tatouage occidental lui rappelle que sa grand-mère est encore l’une des rares artistes à pratiquer le skin-stitched tattoo (appelé aussi « skin-stitching tattoo » ou « skin-stitch tattoo »). Cependant, Aresh ne se revendique pas comme tatoueuse traditionnelle et souhaite avant tout perpétuer cette pratique. Auprès de sa grand-mère, elle renoue avec des rites anciens, enfouis par la bonne parole des missionnaires.

En effet, le skin-stitched tattoo a disparu chez les anciens, notamment au Groenland, à cause des missionnaires qui ont qualifié cette pratique de « porteuse de péché ». Lars Krutak explique que l’une des dernières tatoueuses traditionnelles de ce pays, Alice Yavaseuk est décédée à l’âge de 96 ans, en 2002. Toute une génération d’apprentis tatoueurs s’est retrouvée orpheline d’un savoir ancestral et trop peu d’écrits pour comprendre la subtilité complexe de cet art.

À l’heure actuelle, les héritières de la culture inuite éprouvent le besoin de retrouver leurs racines en pratiquant le skin-stitched tattoo. C’est notamment le cas de l’artiste Maya Jacobsen :

Coudre la peau, entre rite et technique

Alors que le tatouage chez les inuits remonte à plus de 3500 ansOn trouve peu de textes qui détaillent la pratique du skin-stitched tattoo, seuls quelques livres à la fin du 19ème siècle – début du 20ème siècle,  comme « Les tatouages du milieu » (1950) de Jacques Delarue et Robert Giraud : « Le seul procédé qui n’entre pas dans notre classification, c’est croyons-nous, celui qu’emploient les Esquimaux. Le tatoueur, dans ce cas, introduit dans la peau, à l’aide d’une aiguille, un fil préalablement graissé et imbibé de noir de fumée. Le fil, entraîné par l’aiguille selon les contours du dessin, abandonne son colorant entre chair et peau. Ce procédé, qui serait douloureux pour des Européens, est anodin pour les Esquimaux en raison de l’épaisse couche de graisse qu’ils ont sous la peau ».

Sylvain Bérard a tatoué dans une tradition proche de celle des Yupigets, de l’Ile Saint-Laurent […] c’est la méthode du fil (tendon de rennes ou de mammifères marins) et de l’aiguille (morceau d’os puis plus tard, acier) qui prévaut, ou seulement de l’aiguille trempée dans le pigment (Noir de fumée ou graphite, ces deux éléments étant réputés pour « chasser » les mauvais esprits). À chaque fois la suie était mélangée avec de l’urine (censée repousser les esprits, elle possède en plus un haut taux d’ammoniac, ce qui permet d’éviter une infection et accélère la cicatrisation du tatouage). […] extrait d’un article de Lars Krutak.

Cependant, il existe autant de techniques que de familles au sein du peuple arctique. Aussi, il serait simpliste de résumer l’étendu de cet art à une seule façon de faire.

Eric Reime Tattoo

Eric Reime Tattoo

Actuellement, peu de tatoueurs occidentaux pratiquent le skin-stitched tattoo. L’un des plus connus est Colin Dale :

Le skin-stitched tattoo, un art pratiqué par les femmes

Le skin-stitched tattoo est considéré comme divin par les peuples de l’Arctique, qui l’associent à la création du soleil et de la lune. Cette pratique jouait plusieurs rôles dans la société inuite : marqueur de beauté, mystique, médicinal ou rite funéraire. Elle était plus fréquente chez les femmes.

Les femmes tatoueuses âgées étaient les plus respectées. Elles étaient souvent couturières, maniant les peaux tannées avec dextérité. Leur précision comptait pour l’exécution du tatouage. « L’épouse au visage tatoué avec la suie de lampe noire était respectée comme une matrone », Lars Krutak, anthropologue et tatoueur.

C’est dans le cadre de son étude que Sylvain est parti rejoindre Aresh au Nunavut, dans le nord du Canada. Il va vivre une aventure qu’il est loin d’imaginer aussi épique. Dans une nature hostile que les peuples de l’arctique ont su apprivoiser, Sylvain séjournera plusieurs jours au côté d’Ali, une adolescente orpheline au caractère bien trempé.

En effet, la jeune fille a refusé de se faire tatouer lors des ses premières règles. Un acte lourd de sens. D’après la réalisatrice inuite Alethea Arnaquq-Baril, le skin-stitched tattoo représente pour les filles un rite de passage à l’âge adulte. La douleur associée au tatouage est censée préparer la jeune fille aux douleurs de l’accouchement ou dans la symbolique, à celles liées au rôle de mère.

Durant son séjour, Sylvain a noué une relation si forte avec l’adolescente, qu’elle lui demande de la tatouer de façon traditionnelle. De plus, elle souhaite un motif typiquement masculin. C’est dans le plus grand secret que se déroulera la séance avec l’aide d’Aresh et de sa grand-mère.

Skin-stitched tattoo : témoignage de Sylvain Bérard

Alexandra Bay : quel est le lien entre ton étude sur les sexualités dans l’image et le tatouage chez les inuits ?
Sylvain Bérard : Inuit est un terme très générique, une classification occidentale, alors qu’il existe plusieurs tribus et traditions tout aussi différentes. Le danger serait d’établir des généralités alors que les traditions varient souvent d’une famille à l’autre. Le tatouage chez les inuits est pour les femmes un marqueur de beauté, mais aussi de maturité intellectuelle, spirituelle et sexuelle. Le tatouage rend les femmes inuites séduisantes. L’endurance à la douleur en fait des femmes fortes et donc belles. Plus tu es tatouée, plus tu es belle. Les inuites commencent, en général, à se faire tatouer dès les premières règles, un trait sur le menton. C’est classique mais ce n’est pas systématique. D’ailleurs, les tatoueurs sont des tatoueuses car ce sont les femmes qui tatouent.

A.B : quel rapport entretiennent les inuits avec la pratique du tatouage ?
S.B : la manière d’envisager le vivant ou la beauté est différente chez les inuits. Tout est vivant et tout a une âme. Plus tu as de marqueurs de beauté, plus tu es une bonne personne. Ça reste sexualisé, mais sans la défiance que la colonisation chrétienne – puis l’influence occidentale – a essayé d’instaurer à partir du XIXème siècle. Dans la communauté d’Aresh, les enfants partent poursuivre leurs études à l’université, au Canada, car les conditions de vie sont trop dures chez eux. Les jeunes ont abandonné le tatouage traditionnel.

A.B : et quel sens donnent-ils aux tatouages ?
S.B : c’est une certaine forme de mysticisme face au corps. Un tatouage inuit a une incidence sur la santé, la fertilité, la force, l’esprit… Il y a beaucoup de composantes qui vont se mélanger dans un trait. C’est la pratique qui prime plus que la représentation, en fonction des familles et des tatoueurs. Les inuits ont une grande culture de la famille et de la communauté. Dans la communauté d’Aresh, tu te fais tatouer par quelqu’un que tu respectes. Dans le respect se mélangent des choses comme l’héritage et la transmission culturelle et communautaire, l’affection familiale, la spiritualité et le mysticisme… Il faut qu’il y ait un lien très fort entre le tatoueur et le tatoué. C’est souvent la doyenne qui tatoue. Parfois la mère, ou une sœur mais souvent accompagnée de la communauté qui transmet un héritage personnel et pluriel. Tu vas souvent retrouver les mêmes motifs, comme un arbre généalogique. Cela peut être des lignes – par exemple 5 lignes = 5ème de ta génération – ou un motif avec une signification spirituelle ou numérologique. Mais parfois ce sont des symboliques humaines : enfants en rond, etc. Ce n’est pas systématique. Il n’y a pas vraiment de règles établies.

A.B : quelle est l’histoire d’Aresh ?
S.B: elle m’a écrit ceci à son sujet : « Je trouve que ma vie ressemble à une ligne simple. Une chose découle d’une autre. Je suis allée au Canada pour étudier les civilisations anciennes et leurs histoires. Je me suis rendue compte que tatouer était l’une des plus vieilles manières de raconter les histoires. Si le tatouage inuit meurt, c’est ma communauté qui meurt. Ma grand-mère est la dernière tatoueuse inuite que je connaisse, je voulais recueillir cette tradition pour la sauver. Et la faire cohabiter avec l’Occident dans mon tout petit salon de tatouage. Elle m’a conté à la fois les vieilles histoires traditionnelles que mes parents ne nous racontaient jamais et l’évolution rapide de son peuple. Elle m’a exhorté à ne pas vouloir sauver coûte que coûte le passé. Ce n’est pas une manière de penser inuit. Le monde change. Avec lui, les hommes doivent changer, et continuer à fabriquer des outils, des histoires, des esprits. Il faut accueillir sans peur la transformation. Et respecter la vie. »

A.B : comment s’est déroulée ta rencontre avec Aresh ?
S.B:  ma rencontre avec Aresh s’est passée avec très peu de mots. Je l’ai retrouvé sur son campus, et nous avons roulé silencieusement jusqu’à sa communauté. C’est à plusieurs heures de route. On se cantonnait au strict minimum niveau parole. On était un peu plus dans les regards, les gestes. De temps en temps, dans le pickup, avec son stylo entre les dents, les deux mains sur le volant, elle freinait doucement pour attirer mon attention, puis m’invitait du regard à observer quelque chose au loin. Et je découvrais un animal, perdu dans le paysage, dans la nuit. C’était souvent comme ça, beaucoup de silence et de langage corporel. Ça a complètement changé mon rapport aux autres et à la parole. Aresh est une conteuse. Quand elle prend la parole, les mots pèsent de tout leur sens.

A.B : Aresh est également tatoueuse. Peux-tu me parler de son art ?
S.B. :  il y a une véritable volonté de ne pas en dire trop, ni pas assez et Aresh le répercute dans ses tatouages. Il n’y aura jamais que le strict minimum. Pas de fioritures, pas de jolies choses. Ses sessions de tatouages se font en silence, comme si elle écrivait un livre. Elle raconte une histoire en touchant, piquant, coloriant. Ça se sent quand on a le nez sur son travail. Pour elle, les tatouages sont vivants. Quand ils sont faits à la lueur d’une bougie, ils semblent bouger. Le mouvement des muscles donne vie à une mer qu’elle peint. La peau qui vieillit donne plusieurs vies à un arbre tatoué. Ses tatouages sont à un endroit anatomique précis à chaque fois. Pas un millimètre à gauche, pas un millimètre à droite. Elle a une faculté incroyable à sentir comment le corps vit et évolue dans l’espace en fonction de l’esprit, les émotions. C’est vraiment très fort.

A.B : peux-tu me raconter tes échanges avec la doyenne ?
S.B : la doyenne est une « shaman » au sens anthropologique du terme. Si Aresh m’avait déjà impressionné sur sa prédisposition à dialoguer avec peu de mots, ce n’était rien comparé à sa grand-mère. Elle a su me décrypter avec rien. Nous sommes arrivés de nuit, et j’ai été directement présenté à elle. J’étais en deuil d’une proche, je ne comprenais pas bien tout ce qui m’arrivait. Ça a permis de créer un lien particulier. J’étais déjà à fleur de peau, j’avais besoin d’histoires et elle a vu que je n’attendais rien de particulier. Je n’avais rien potassé des cultures inuites avant de venir, Aresh m’avait expliqué rapidement les grandes lignes. Quasiment instantanément, elle m’a demandé quelle facette de moi j’allais lui présenter. J’étais incapable de répondre. Ça lui allait. Aresh traduisait mes propos, toujours avec peu de mots mais beaucoup d’émotions. Dès le premier soir, la communion a opéré, ce fût une rencontre incroyable. J’ai partagé beaucoup de choses les jours suivants avec ces personnes. Notamment le goût du silence. Et celui des contes.

A.B : et ta rencontre avec l’adolescente Ali ? Comment s’est tissé ce relationnel si fort ?
S.B: c’est une communauté qui ne parle pas et n’exprime pas les émotions comme nous. Chaque parole a une vraie valeur de transmission. J’ai rencontré Ali, une jeune adolescente qui avait perdu ses parents et a été recueillie par le maire du village. Un garçon manqué. Elle a refusé de se faire tatouer lors de ses premières règles. Le seul endroit où je pouvais dormir, était avec cette jeune fille. On communiquait en anglais. Il y avait ce sentiment de défiance lié à l’adolescence. Bizarrement on n’a pas beaucoup parlé, mais des liens se sont créés et renforcés. Elle m’a emmené visiter sa région par moins 30 degrés ! À la fin du séjour, elle a parlé à la doyenne pour que je la tatoue. Elle voulait un tatouage masculin lié à la chasse.

A.B : quel souci représentait ce motif masculin ? 
S.B: tu as une symbolique très forte et différenciée entre les hommes et les femmes. Plus une femme se fait tatouer plus elle est belle, tandis que pour un homme c’est une protection contre les esprits des animaux que tu as tués, les esprits forts. Un tatouage du coin de la lèvre pour aller jusqu’au coin de l’oreille, marque les grandes âmes qu’ils ont ôtées, pour ne faire qu’un avec elles et éviter d’être hanté par ces esprits. Ali refusait de se faire tatouer car elle n’avait aucun lien affectif avec l’une des femmes tatoueuses. Elle voulait donc ce tatouage masculin. Nous sommes restés très proches pendant 4 jours et à la fin du séjour, elle a souhaité que je la tatoue. Et ça n’était pas possible car je suis un homme occidental. Mais elle a tellement insisté que la doyenne de la communauté a accepté son désir. 

A.B : comment as-tu réagi à sa demande ?
S.B : j’étais paniqué ! Je ne savais même pas me servir d’un dermographe. La symbolique était trop lourde de sens et en même temps, je me voyais mal refuser cet honneur extrême que l’on me faisait, en acceptant que je tatoue. J’ai décalé mon départ un jour plus tard et j’ai bossé la couture.

A.B : comment as-tu procédé pour tatouer Ali ?
S.B : la doyenne m’a expliqué la technique qui n’est pas compliquée mais douloureuse. Il y a différents types d’aiguilles,  avec des arêtes de poisson dans le traditionnel ou à présent, en fer. Tu prends des boyaux ou du fil chirurgical, que tu trempes dans la suie de lanterne, ça a une signification particulière. En effet, la lanterne (intérieure ou extérieure) protège la demeure des mauvais esprits. Tu trempes ce fil dans la suie et tu le plonges dans un mélange à base d’urine qui facilitera la cicatrisation… En général, c’est l’urine de la plus vieille femme, il y a une symbolique mystique. Ensuite, tu dois coudre comme si tu faisais un ourlet. Tu fais un point et tu pinces la peau, puis tu appuies pour que la suie reste. Ça donne une ligne claire avec des petits points. Ça se rapproche du dotwork. Plus les points sont serrés, plus la tatoueuse est respectée. Cela est un signe de noblesse et de finesse du travail. C’est un travail de couture très long. Tu as 2 manières d’encrer la peau : soit tu fais passer le fil sous la peau et tu le retires (comme Colin Cale); soit tu fais passer le fil sous la peau et tu le laisses pourrir à la cicatrisation. Le fil est déjà abimé donc ça ne dure pas trop longtemps. J’ai choisi la 1ère méthode. Je ne voulais pas prendre de risque pour Ali. La séance est très longue. Je lui ai tatoué les 3 doigts, j’ai mis 3 heures, soit 1 heure par doigt. Je lui ai tatoué des lignes. Ce sont des arbres dirigés vers le cœur et dans la vision inverse, ce sont des pattes de Caribou. On est unis par l’âme. Ali tenait à se faire tatouer avec la technique traditionnelle.

A.B : comment Ali a vécu cette expérience ?
S.B : elle a enduré la douleur sans s’exprimer. C’était un moment charnière de sa vie avec une dualité homme-femme, elle n’a pas versé une seule larme. C’est une pratique pourtant très douloureuse.

AB : et te concernant, comment as-tu vécu cette expérience ?
S.B :  j’ai le même motif qu’Ali, mais tatoué par Twix – Fatline Tattoo Club. Ça aurait été mal perçu par la communauté même s’ils sont bienveillants, que je me fasse tatouer de façon traditionnelle. Je suis retourné une 2ème fois au Canada et j’en ai parlé à Aresh. Je lui ai présenté le travail de Twix qui a un trait épais. J’avais peur que ça ne lui convienne pas, car le trait des inuits est très fin. J’ai montré le motif à Aresh pour être sur de respecter la symbolique et l’esprit. Elle m’a proposé de me le tatouer, mais je préférai le faire avec Twix. Avoir tatoué Ali et dépasser ce mécanisme de pensée occidentale puis refuser qu’on me tatoue de façon traditionnelle, représente pour moi un don que je fais à Ali, car ça comptait beaucoup pour elle que je la tatoue de façon traditionnelle et ça a marqué une étape particulière dans ma vie.

Quelques sites à visiter pour approfondir :
Tatouage Inuit
Vanishing Tattoo
Anchorage Museum

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