Marie Meier : illustrations sorties des enfers du rock

Marie Meier

Marie Meier est une artiste confirmée multidisciplinaire à l’univers très coloré et fantasque. Même lorsqu’elle travaille à la commande, on reconnaît sa patte ! Elle excelle dans les portraits illustrés qu’elle présente toujours entourés de symboles comme des fétiches. Ils sont d’inspiration « tattoo » ou occulte : des hirondelles, des coeurs sacrés, des mexican skulls, des tikis ou des symboles ésotériques divers. La palette de ces symboles est tellement variée que c’est difficile de tout énumérer mais on sent dans son inspiration, que Marie a une vraie culture underground. Cependant, ce n’est pas seulement une artiste de talent, c’est aussi une personne généreuse et d’une grande tolérance, qui réfléchit beaucoup sur la société et la différence. Elle publie régulièrement des billets à ce sujet que vous pourrez retrouver sur www.mariemeier.fr

Marie Meier © Alexandra Bay
Marie Meier © Alexandra Bay

Bonjour Marie, Peux-tu me décrire ton parcours artistique ?

Hello, alors mon parcours artistique… J’ai un DEA en arts plastiques avec une spécialisation en histoire de l’art, en gravure et en cinéma. Je voulais être prof, mais le sort en a décidé autrement. En 2005, je me suis enfin sérieusement mise à l’illustration. Grâce à Philippe Manœuvre, j’ai eu une audience inespérée, ce qui m’a permis de faire connaître mon travail depuis le fond de ma campagne. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir une petite communauté qui me suit et me permet de vivre de mes images. Je les en remercie d’ailleurs.

J’ai eu l’occasion de voir d’anciens travaux d’école, quand ton style a évolué vers ce trait très graphique, très comics ?

Je ne sais pas exactement. Comme je dessine tous les jours ou presque c’est en constante évolution. En ce moment par exemple et depuis quelques mois j’arrive à une nouvelle étape, des choses moins « rock » et plus personnelles. Et puis je reprends la gravure parce que ça colle bien à cette période, plus brut, plus folk, plus « wild ». Elle sera plus proche de mes débuts. Dans l’esprit en tout cas.

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Quelles sont tes inspirations ?

Les arts folks, l’art médiéval, le Mexique, les arts mortuaires, les os, la magie, l’imagerie pieuse, beaucoup l’imagerie pieuse, j’ai failli être pasteur quand même. Les mythes, les légendes, certains films, les freakshows, le cirque, le kitsch… Les curiosités, le mot anglais oddities correspond mieux. J’aime la beauté de l’étrange.

Que souhaites-tu exprimer par le biais de tes oeuvres ?

C’est une catharsis pour moi, une façon de m’exprimer sur des choses personnelles, la maladie surtout avec laquelle je vis depuis toujours. Et depuis l’été dernier j’en ressens encore plus le besoin. Je conjure le destin, mes boulots les plus personnels sont faits comme on adresse une prière ou un remerciement. Ils tiennent de l’ex voto.

Tu travailles également sur des crânes en céramiques ou des assiettes, quel est ton support favori ?

La céramique est très agréable, mais le papier reste mon support favori. L’os aussi.

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N’as-tu jamais été tenté d’utiliser la peau en tant que support justement ?

Si, mais je n’ai jamais pris le temps de m’y pencher. Je pense qu’il faut un apprentissage sérieux et aujourd’hui je n’ai pas la place pour caser ça dans mon emploi du temps.

Quand as-tu commencé à te faire tatouer ?

Il y a 13 ans, une fleur de lys, le vice et la vertu. Ensuite, une pause longue parce que je pensais qu’avec mon fluidifiant pour le sang ce serait délicat. Et puis, j’ai été invitée à la convention de Paris et j’ai craqué. J’ai retrouvé une amie, Leanka de Lucy Électric et elle m’a fait ma nuque. Comme il n’y a pas eu d’effusion de sang et que pendant 10 ans j’avais mûri mes idées, je me suis lâchée. Et me lâche encore, il y a encore du boulot.

Tu as deux magnifiques bras, quels sont les tatoueurs qui t’ont encrée ?

Leanka pour le bras gauche et une bonne partie du bras droit, mais aussi Dwam, Manue Monteiro, Morgane de Sour and Sweet et bientôt Julie La Buse. Que des filles.

Par quels tatoueurs souhaites-tu te faire encrer ?

Nicoz Balboa, j’adore ce qu’elle fait depuis très longtemps. J’aimerais qu’elle me fasse une Catrina sur le bras droit. Il ne reste plus que de bonnes conjonctions astrales pour que nous nous croisions. Et puis Karotte Bonobo doit faire ma jambe avant droite pour coller au sublime tattoo qu’elle m’a fait sur la gauche. Pour le reste je suis fidèle à Leanka.

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Tu dessines également des motifs de tatouages à la commande, as-tu également des tatoueurs qui formulent des demandes ?

Jamais je n’ai eu de commandes de tatoueurs. Ce sont toujours des particuliers. Des trucs très perso en général.

Comment s’est déroulée ta participation à la convention de Strasbourg ?

Super bien. C’est toujours une chouette convention et Stéphane Senn (Derm Hospice) un très bon organisateur. J’attends avec impatience la prochaine.

Tu as exposé en solo à la Akiza la Galerie, paris 18ème, on te retrouve peu en exposition à Paris ou dans d’autres grandes villes, pourquoi ?Car tu n’es pas une jeune artiste, tu as un passé très prolifique !

Je n’étais pas en solo chez Akiza. Mais c’est vrai qu’il m’avait accordé beaucoup de place. J’aimerais plus exposer, mais comme je ne cours pas après les gens et que je préfère qu’on me demande, ça doit jouer. Chez Akiza c’était une très belle expo en tout cas. Et si des gens sont partants pour m’exposer, qu’ils n’hésitent pas. Normalement la prochaine expo sera à Lyon.

Tu as réalisé une série excellente sur les 27, en hommage aux artistes rock’n’roll décédés avant leur 27 ans : Jim morrison, Jimi Hendrix, Janis Joplin, etc… Ces portraits ont été publiés dans un magazine connu, comment s’est déroulée cette collaboration ?

Je travaillais depuis longtemps pour ce magazine et avec Philippe Manœuvre c’est toujours un vrai plaisir de travailler. Donc très bien.

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Tu as également collaboré pour le livre « Les enfers du rock » avec Philippe Manoeuvre, dans quelles conditions ? Comment s’est déroulée votre rencontre ?

C’est une idée qu’il avait en tête depuis longtemps de faire un livre avec moi. Et puis il a trouvé le bon sujet: les rapports entre occulte et musique rock. On a fait un plan du livre pendant un week-end chez un ami commun, dans un lieu sublime. Ensuite chacun a travaillé de son côté et on a fait le point. Certains ont sautés tandis que d’autres se sont ajoutés. C’était fluide. Philippe est vraiment une personne généreuse. Il est facile à suivre.

Tu n’es pas seulement une artiste, tu t’intéresses également beaucoup aux autres artistes, par exemple du burlesques ou d’autres disciplines. Tu réalises des interviews et articles sur ton blog, pourquoi cette démarche ?

J’aimais le burlesque depuis longtemps, avant que ça soit la mode. Et puis j’ai eu envie de participer à ma manière à son essor en France. C’est comme ça qu’est né »Burlesque Corner ». Aujourd’hui, je manque de temps pour le remplir. C’est dommage.

D’ailleurs pourquoi ce blog érotique ? Qui est par ailleurs très amusant !

Parce que j’aime le sexe et qu’il est naturel pour moi. Et puis je trouvais ça drôle de faire découvrir aux gens des pratiques méconnues, voire très bizarres. Chacun s’y retrouve. C’était aussi un clin d’œil à mes dessins de cul que je faisais discrétos pendant le catéchisme.

Est-ce un compliment si je te dis que tu es nôtre Coop à la française ?

Être comparée à Coop est toujours un compliment ! Ceci dit je fais des choses dans le fond assez éloignées de son univers.

Les réalisation de Marie Meier

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